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Espace rural

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مُساهمة من طرف ait hado في الثلاثاء 29 مايو 2012, 09:31




Espace rural




Rural : « qui relève de la
campagne » (Les mots de la géographie) ; l’espace rural est donc
l’espace de la campagne. Si le mot rural apparaît dès le XIV° siècle et
s’il a été très employé, à partir du XIX° siècle par les spécialistes
qui se sont intéressés à la campagne (habitat rural, paysage rural,
histoire rurale, ethnologie rurale, géographie rurale, etc.),
l’expression espace rural n’est devenue courante qu’à partir des années
1960, le mot campagne (ou campagnes) lui ayant été préféré jusqu’alors
pour désigner le « territoire » concerné.


La
notion est floue : « la campagne s’oppose à la ville » nous dit le
Dictionnaire de la géographie de P.George. Soit, mais comme on définit
toujours d’abord la ville, la campagne se définit par défaut : c’est ce
qui reste quand on en a soustrait l’espace urbain. Or, comme la
définition de la ville elle-même varie beaucoup d’un pays à l’autre, et
parfois d’une administration à l’autre, celle de la campagne est
également à géométrie variable. En France par exemple, appartiennent à
la campagne les communes de moins de 2 000 habitants agglomérés, sauf si
elles sont rattachées à une unité urbaine. Ailleurs, la limite
supérieure admise pour que la population d’une commune reste rurale
oscille généralement entre 1 000 et 10 000, mais elle peut s’abaisser à
200 (Scandinavie) ou, au contraire monter à 20 000 ou même 50 000
(Japon). Certains pays ajoutent à ce critère de population totale, une
densité maximale, un pourcentage minimum d’agriculteurs, etc. ; d’autres
définissent même la ville sur de stricts critères administratifs.

La
question se complique encore, du moins dans les pays occidentaux, avec
l’homogénéisation des territoires qui tend à faire disparaître
l’opposition classique ville/campagne. L’extension des espaces
périurbains, à la fois urbains par leur fonctionnement (les emplois se
situent dans les agglomérations) et ruraux par leur « paysage »
(maison individuelle, paysages encore majoritairement végétaux) est la
face la plus spectaculaire de cette homogénéisation. Mais, même hors des
campagnes périurbaines, les ruraux tendent à occuper peu à peu les
mêmes types d’emplois, à s’insérer dans les mêmes catégories
professionnelles et à adopter les mêmes styles de comportements, de
références et de représentations que les citadins. La question n’est
d’ailleurs pas nouvelle puisque, dès 1959 Mendras affirme : « pas de
solution de continuité entre la métropole, la grande ville, la petite
ville, le bourg et le village », donc pas d’espace spécifiquement rural …
Dans ces conditions on peut se demander si la notion d’espace rural a
encore un sens. Oui, à condition d’en donner une définition soit
qualitative, soit quantitative mais relative.


Une définition qualitative peut
s’appuyer sur trois critères essentiels. Premier critère, la densité :
faible densité relative non seulement d’habitants, mais également de
constructions, d’emplois, d’équipements, de commerces, de services, de
voies de communications et, plus généralement d’interconnections.
Second critère, le paysage : est rural un espace qui se caractérise par
la prédominance de formations végétales dites « naturelles » (en
réalité souvent fortement transformées par les sociétés humaines) :
forêts, prairies, pacages, cultures, friches, steppe, désert, etc.
Troisième critère, est rural un espace où les activités agricoles
tiennent une place relativement importante, sinon en terme d’emploi, du
moins par les surfaces qu’elles occupent.



Il n’est pas possible de donner de
l’espace rural une définition quantitative universelle, on l’a vu plus
haut. En revanche, il est concevable d’en donner une qui soit valable
hic et nunc, c’est-à-dire qui tienne compte de l’espace global dans
lequel il est inséré. En effet, l’espace rural chinois ne peut pas se
définir quantitativement de la même façon que l’espace rural français
(même si les critères qualitatifs peuvent s’appliquer aux deux
espaces), ne serait-ce que pour des différences de densité de
population évidentes. Toutefois, dans chacun de ces deux pays, il est
possible de définir, pour chacun des critères, des niveaux quantitatifs
(densité de population et de services, poids des agriculteurs,
pourcentage de couverture végétale) qui permettent de délimiter un
espace que l’on considèrera comme rural et que l’on étudiera comme tel,
à condition évidemment de ne pas le regarder comme un isolat, mais en
fonction de sa situation dans un « système spatial » global qui contribue à le structurer, à le faire fonctionner et à le changer.



L’intérêt pour l’espace rural, un
peu passé de mode avec l’apparition des « nouvelles » géographies,
reprend actuellement de la vigueur et ce, pour plusieurs raisons.
L’analyse des paysages « naturels » est redevenue d’actualité avec la
montée en puissance des préoccupations écologiques : considérés
désormais comme des patrimoines environnementaux, ils focalisent
l’intérêt des chercheurs sur la destruction du bocage, l’extension de
la friche, la fermeture des paysages, le maintien des zones humides, le
maintien de la biodiversité, et plus généralement la gestion des
ressources naturelles et des paysages. La transformation des
agriculteurs en prestataires de services, en jardiniers de la nature,
mais également en pollueurs potentiels, a ouvert de nouvelles pistes de
recherche. Celles –ci cherchent à mettre en évidence des relations
renouvelées entre agriculture et territoires ruraux autour des idées de
durabilité et de patrimoine. Par ailleurs, les changements opérés
depuis une quarantaine d’années dans la société rurale traditionnelle
notamment avec le « déversement » des citadins vers les campagnes
périurbaines, incitent les chercheurs à regarder vers ces espaces qui,
censés (à tort souvent) ne changer que lentement, se sont mis à muter
brusquement. Enfin, la dilution de la population, des équipements et
des activités liée à l’étalement urbain en fait un champ de recherche
privilégié pour certaines thématiques comme celle du poids de la « distance » sur les sociétés locales, l’avenir des espaces de faible « densité » ou à l’inverse l’émergence d’espaces

dits intermédiaires. Robert Chapuis





Bibliographie


[ندعوك للتسجيل في المنتدى أو التعريف بنفسك لمعاينة هذه الصورة] Bonnamour J. , 1993, Géographie rurale, position et méthode, Masson , Paris
[ندعوك للتسجيل في المنتدى أو التعريف بنفسك لمعاينة هذه الصورة]
Chapuis R., 1998, La géographie agraire et la géographie rurale, in
Les concepts de la géographie, A. Bailly et al., Paris, A. Colin
[ندعوك للتسجيل في المنتدى أو التعريف بنفسك لمعاينة هذه الصورة] Mendras H. , 1959, Sociologie de la campagne française, Paris, PUF
[ندعوك للتسجيل في المنتدى أو التعريف بنفسك لمعاينة هذه الصورة] Thomas Ch., 1997, Rural geography, Routledge, Londres


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اضحك رد: Espace rural

مُساهمة من طرف ait hado في الثلاثاء 29 مايو 2012, 09:40

Gisements de roches ornementales du Maroc




PERRIER R., Le Mausolée, n° 708, Août 1995, p.54-64




Nous avons visité en mars 1995, au cours d'un périple de 5000 km, un
certain nombre de carrières de roches ornementales du Maroc. Cet
article ne prétend pas recenser toutes les carrières, car les
renseignements disponibles au départ étaient incomplets et il n'existe
pas d'organisme capable d'indiquer la situation, l'activité et la
production des sites marocains.




En cours de route, nous avons questionné un certain nombre de
personnalités de l'industrie marbrière et obtenu des informations
partielles sur ces sujets. Nous tenons à remercier particulièrement pour
leurs informations : D. Aissaoui à Paris (commercialisation du marbre
de Tazzarine), Casé à Casablanca (technicien de carrières), M. Mohcine,
H. Zougari et A. Carli à Ain Atiq (Société Promomarbre), et A. El Halba
à Boujad.




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Fig. 1 - Carte structurale et carrières





1 - Quelques indications historiques





Les Romains, lors de la construction de la ville de Volubilis, ont a
fait appel presque uniquement à un calcaire gris-bleu local du
Jurassique; quelques une des statues trouvées étaient en marbre, et l'on
remarque de rares traces de marbres dans les dallages de sols.



Au cours de la période islamique, qui a débuté en 684 ou 705, la pierre a
peu été employée : on a préféré l'architecture de terre dans le Sud, de
brique ou blocages dans le Nord, les décorations en plâtre ou cèdre
sculptés, les revêtements de céramique vernissée. Marbres et onyx ont
cependant été utilisés en décoration par les bâtisseurs des dynasties
Almohades et Mérinides du XII au XVIe siècle ; cependant les revêtements
ont disparu, ou bien les édifices conservés ne se visitent pas, si bien
que l'on ne dispose pas d'informations sur l'origine des marbres, qui
ont pu être importés d'Andalousie (les marbres de Macaël étaient alors
exploités). Sous les Saadiens (1548 à env. 1650), dont les tombeaux sont
conservés à Marrakech, le marbre de Carrare a été importé pour
l'édification des pierres tombales et des colonnes des mausolées, la
sculpture des vasques et des chapiteaux : la marbre était dit-on troqué
contre du sucre, poids pour poids : les marocains se félicitent de cet
échange, considérant que le sucre a depuis longtemps disparu, tandis que
le marbre reste. A la fin du XIXe siècle, le vizir Ba Ahmed fit
importer à nouveau du marbre de Carrare, pour les dallages de son palais
de la Bahia, dont les plaques ont inégalement résisté à l'exposition au
soleil.




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Fig. 2 - Architecture en terre dans l'Antiatlas : l'ancien ksar du Glaoui à Taliouine





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Fig. 3 - Ville romaine de Volubilis, construite en calcaire jurassique local





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Fig. 4 - Minaret de la Grande Mosquée de Casablanca, haut de 190 m, revêtu de travertin de Roudani





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Fig. 5 - Colonnes en serpentinite bréchique verte et rouge de la Grande Mosquée, provenant de la région de Tiznit





Si les premières entreprises de marbrerie ont été créées en 1912, la
réelle période d'expansion se situe de 1945 à 1965, avec une production
de 12000 t en 1965, due pour beaucoup à des entrepreneurs d'origine
italienne. Puis un déclin s'amorce lors de la marocanisation des
sociétés.




La construction de la Grande Mosquée Hassan II à Casablanca, commencée
en juin 1986 et achevée en août 1993, a assuré un nouvel essor de la
production, faisant appel exclusivement à des roches ornementales
locales, à l'exception des 45 vasques en marbre de Carrare. Il reste
encore à compléter les bâtiments encadrant la place monumentale.



Les revêtements en roches ornementales ont été fournis par les Grandes
Marbreries du Sud (GMS), société créée en 1987 spécialement dans ce but.
Les carrières produisaient 800 à 900 m3 par mois, une usine de
transformation fut ouverte à Agadir ; au total 235000 m2 de roches
ornementales ont été posés, dont 150000 m2 en façade et 1350 colonnes.
Les principales roches utilisées ont été le travertin "Roudani" de
Taroudannt, la pierre jaune-beige de Boujad, le granite rose et le
granite gris de Tafraoute, le marbre rouge de Tioute, la serpentinite
d'Emvi et le marbre vert de Ben Guerir.



2 - Notions de géologie du Maroc




Le Maroc a été divisé en plusieurs zones structurales entre le craton
africain d'âge précambrien (orogenèse panafricaine) au Sud et la chaîne
alpine du Rif au Nord, beaucoup plus récente (Eocène à Miocène
supérieur).



A - Le bouclier saharien :



Le socle ancien de gneiss et migmatites du Tiris (3288 à 2373 Ma) a été
métamorphisé pendant l'orogénèse éburnéenne (env. 2000 Ma), et intrudé à
l'E par les granites d'Ain Bentili (2037 Ma). Il est recouvert en
discordance à l'Est par le Protérozoïque supérieur (1100 à 750 Ma), et
vers l'Ouest par les nappes des Mauritanides (mises en place à la fin du
Dévonien vers 360 Ma, lors d'une phase calédonienne). Au Nord se
superpose un bassin Paléozoïque très calme (Tindouf), et vers l'Ouest un
bassin crétacé et tertiaire s'ouvrant vers l'Atlantique.



B - L'Antiatlas :



Dans les chaînons de l'Antiatlas, en bordure du Sahara, affleure une
série paléozoïque modérément plissée, recouverte par la discordance du
Crétacé supérieur.



Le Précambrien affleure dans plusieurs massifs, depuis Ifni jusqu'au
Jebel Sarhro et au voisinage d'Erfoud ; il comprend peut-être des
terrains de l'Archéen, mais surtout du Protérozoïque
volcano-sédimentaire : cette série est intrudée par deux séries de
granites, les uns anciens 1700-2000 Ma (granites éburnéens), les autres
beaucoup plus récents comme ceux de Tafraoute (549 Ma), rapportés à
l'orogénèse panafricaine : au dessus, repose en discordance une série du
Précambrien terminal ("Adoudounien"), formée de dolomies à
stromatolites puis d'une série violacée "lie de vin", en conformité avec
le Cambrien.



Dans le Précambrien de Bou Azzer, au S de Ouarzazate, est connu un complexe de

serpentinites,
affleurant sur 50 km de long, et ayant fourni des minerais de cuivre et
de cobalt ; les serpentinites sont surmontées de jaspes, de calcaires
et autres sédiments marins, et pourraient représenter une suture
océanique éburnéenne. D'autres petits affleurements de serpentinites
sont connus jusque dans le Haut Atlas (Cherotzky, 1969).

La série Paléozoïque de l'Antiatlas comprend environ 12000 m de
sédiments marins, surtout formée de grès et d'argiles, dans lesquelles
se trouvent plusieurs formations calcaires fournissant des roches
ornementales :



- à la base, une puissante barre de calcaires du Cambrien inférieur, comprenant des lentilles riches en

Archaeocyathus
(organismes proches des éponges, en forme de cône à double parois, avec
des cloisons radiales reliant les deux parois) ; ces calcaires sont
faiblement métamorphisés (légère recristallisation).

- quelques bancs de calcaires noirs à

Orthocères (nautiles déroulés) vers le sommet du Silurien).

- récifs dévoniens en plusieurs localités, et calcaires pélagiques à

Orthocères et Goniatites (Ammonites du Paléozoïque) à Erfoud.

- quelques calcaires récifaux dans le Carbonifère près de Taouz.



Le plissement hercynien s'est produit vers la fin du Carbonifère ; après
une longue érosion se sont déposés en discordance le Crétacé
continental (à ossements de Vertébrés), la dalle de calcaires récifaux
cénomano-turoniens, puis les évaporites du Sénonien.



C - La chaîne de l'Atlas



Cette barrière montagneuse continue, culminant à 4167 m au Jebel Toubkal
au dessus de Marrakech, est franchie par de rares cols à plus de 2000 m
d'altitude, elle reste enneigée jusqu'au printemps. Vers l'WSW elle
disparaît avant la côte près d'Agadir ; vers l'E elle se subdivise en
deux branches encadrant les Hauts plateaux, la branche dirigée vers le
NE étant appelée Moyen Atlas.



Le Précambrien et le Paléozoïque affleurent largement dans le Haut Atlas
Occidental, et différent peu des séries de l'Antiatlas ; ils sont
cependant plus fortement déformés par l'orogénèse hercynienne, qui s'est
accompagnée de quelques intrusions granitiques, dont la plus
importante est celle du Tichka, qui a transformé les calcaires cambriens
par métamorphisme de contact.



Après les séries salifères du Trias, un vaste golfe marin se forme dans
l'Est pendant le Jurassique inférieur et moyen, au cours d'une phase
d'extension qui ouvre des fossés indépendants des directions
hercyniennes : le Lias inférieur forme une plateforme carbonatée,
parsemée de récifs au Lias moyen, l'ensemble ayant une épaisseur de 1000
à 1200 m. Cette plateforme s'effondre au Lias supérieur, avec formation
de deux sillons, l'un dans le Haut Atlas Oriental, l'autre dans le
Moyen Atlas. La mer se retire au Jurassique supérieur ; le Crétacé
inférieur est continental, après une phase de plissement se produit une
vaste transgression marine du Cénomanien à l'Eocène, avec un épisode
régressif au Sénonien. Dans l'Ouest au contraire, entre Agadir et
Essaouira, la série marine est continue du Jurassique au Crétacé
terminal.



Le plissement et la formation des reliefs de l'Atlas sont liés
principalement, après des phases mineures au Crétacé et à l'Eocène
supérieur, au Miocène supérieur-Pliocène (étages mal datés dans les
formations continentales) ; la déformation se produit surtout le long de
faisceaux de failles longitudinales, avec un double déversement vers le
N et le S. Il s'agirait d'une tectonique d'inversion des accidents
anciens limitant les fossés d'effondrement jurassiques, en régime
décrochant. Cette situation est assez comparable à la formation des
Pyrénées, sauf qu'au Maroc il n'y a pas de métamorphisme associé.



D - La Meseta :



C'est massif hercynien pénéplané, recouvert de bassins de Crétacé
supérieur-Eocène riches en phosphates ; ces derniers sont peu déformés
par les phases alpines, au contraire de l'Atlas et du Rif.



Le socle hercynien, intéressant pour ses roches ornementales, se
rencontre dans trois massifs : les Jbilet au N de Marrakech, les Rehamna
au N de Benguerir, et le "Massif Central" entre Casablanca et Azrou.
Cette zone est caractérisée par la rareté des affleurements
précambriens, une forte tectonique hercynienne (avec nappes dans l'Est),
l'existence d'un métamorphisme régional dans l'Ouest, et des intrusions
granitiques.



Des calcaires se trouvent dans le Cambrien inférieur, des récifs dans le
Dévonien inférieur (Tiflet) et le Dévonien moyen (Oued Yqem), des
lentilles de calcaires dans le Viséen (précédant le flysch du Culm).



Les intrusions granitiques hercyniennes forment plusieurs batholites
âgés de 340 à 260 Ma (Carbonifère moyen à Permien), les plus jeunes
étant post-tectoniques. Le raccourcissement produit par le plissement
hercynien est orienté en gros NW-SE.



Après pénéplanation de la chaîne hercynienne, plusieurs golfes marins
venant de l'Atlantique (Haha, Doukkala, Plateau des Phosphates, Sillon
sud-rifain) déposent une série transgressive du Crétacé supérieur à
l'Eocène inférieur : elle inclue les bancs calcaires du Turonien
(Calcaires de Boujad) et la série phosphatée du Maestrichtien-Yprésien,
grande source de richesse pour le Maroc.



E - La zone du Rif



Le Rif est l'arc montagneux, culminant à 2448 m au Tidiquin, qui se
raccorde à la chaîne bétique d'Espagne à travers le détroit de
Gibraltar. Au Sud, son avant-pays descend en pente douce vers la vallée
du Sebou. L'ensemble est formé de nappes déversées vers le Sud, avec une
structure complexe encore sujette à de nombreuses discussions.



Du Sud au Nord on rencontre l'avant fosse mio-pliocène, des nappes de
calcaires et de flyschs, une dorsale calcaire, enfin la zone interne
comprenant des nappes paléozoïques et cristallophylliennes. Ces
dernières incluent le massif de péridotites peu serpentinisées de Bni
Bouchra, comparables aux péridotites de Ronda en Andalousie et à celles
de Lanzo dans les Alpes ; on a envisagé pour ces péridotites une origine
intrusive, comme à Ronda, il s'agit plus probablement à notre avis
d'une dénudation du manteau lors d'une ouverture océanique incomplète.



Les nappes internes se sont mis en place assez tôt (Eocène), tandis que
les nappes externes viennent s'intercaler dans le Miocène supérieur.



3 - Les roches Ornementales




A - Précambrien de l'Antiatlas



Le massif de

Tafraoute mérite une visite pour ses splendides
paysages de boules granitiques roses : certaines boules ont été peintes
de vives couleurs par un "artiste" belge qui a employé à cet effet 19
tonnes de peinture ! Le massif, daté de 549 Ma, (phase panafricaine),
est intrusif dans des granites et schistes du Précambrien plus ancien.
Une carrière de granite gris clair à gros grain a été exploitée au câble
diamanté pendant la construction de la Grande Mosquée ; les carriers de
GMS, revenus depuis au cordeau détonant, produisent de beaux blocs de 4
à 6 m3.

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Fig. 6 - Paysage granitique de Tafraoute


Une autre carrière GMS, accessible depuis Doutalzought, exploite un
granite à grain moyen, légèrement rosé, comparé au Porriño de
Galice ; elle a produit jusqu'à 600 m3 par mois au câble diamanté
durant la période faste des dernières années, puis est revenue à l'usage
de l'explosif, avec une activité réduite. Dans la même région une
carrière a fourni à


Tlata Tasrite un "granit" vert nommé Aourir (gabbro à dolérite selon la carte).

Une serpentinite bréchique verte à taches rouges, proche du Rosso
Levanto de Ligurie, a fourni la plupart des colonnes extérieures de la
Grande Mosquée de Casablanca ; selon Mr Casé, elle provient de la
localité d'

Emvi dans la région de Tiznit. Il pourrait s'agir
d'une petite masse ophiolitique précambrienne, comparable aux
serpentinites mentionnées dans l'Antiatlas oriental à Bou Azzer.

Près du douar de

Nekob (prononcer N'rab), 23 km à l'WNW de
Tazenakht (accès par 19 km de piste de montagne), le Précambrien II du
Haut Atlas montre un petit affleurement de "serpentinite" dans une zone
tectoniquement complexe et intrudée de granites (1786 Ma) ; en fait il
s'agit d'un marbre vert clair, probablement dolomitique (densité 2,76),
coloré par de la serpentine (antigorite), avec des taches gris violacé
et localement des lamines noires. Ce marbre se trouve en bancs
d'épaisseur métrique, à pendage de 60°, intercalé de couches de talc
(qui font l'objet d'extractions artisanales). La carrière, qui n'a
jamais été importante, est abandonnée depuis deux ans.

B - Cambrien inférieur



A

Aglou, une puissante barre de calcaires du Cambrien inférieur a
été exploitée par deux carrières, inactives à notre passage. Il s'agit
d'un calcaire bleu noir à grain fin, à stylolites, riche en belles
sections d'Archaeocyathus remplis de calcite blanche. L'aspect bréchique
évoque un dépôt récifal de type mud mound, d'autant plus qu'on y
observe des cavités irrégulières à remplissages d'onyx, évoquant les
"stromatactis" des calcaires rouges dévoniens de Belgique et du
Minervois. Ces Archaeocyathes ont été les premiers découverts au Maroc,
par Bourcart, qui les trouva sur des galets de la plage en 1925 ; ils
furent ensuite étudiés par Debrenne en 1964, qui détermina 25 espèces.
Le massif, recoupé par une surface ancienne, est fortement karstifié, et
les carrières n'ont pas encore atteint des niveaux moins altérés.

Les carrières de l'

Akhssass se trouvent à une vingtaine de km au
NNW de la ville, et sont plus facilement accessibles depuis le Nord à
partir de Tiznit. Le Cambrien inférieur du flanc E du massif précambrien
d'Ifni a un pendage d'environ 25° E. Nous avons visité quatre de ces
carrières, qui produisent un marbre blanc à grain fin, avec lamines
vertes onduleuses, stylolites, nodules roses à limites stylolitisées ;
le niveau productif forme une barre d'environ 6 m, avec bancs plus épais
que ceux des marbres encaissants. L'exploitation est faite au câble
diamanté, avec une faible activité actuellement ; l'accès se fait par
pistes peu commodes.



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Fig. 7 - Marbre cambrien de l'Akhssas A Ifrane de l'Antiatlas, un
calcaire récifal rouge, riche en Archaeocyathus recristallisés (et
difficiles à déterminer), forme une barre d'environ 25 m, incluse entre
des schistes violacés. Ce calcaire de couleur rouge violacé s'altère en
boules, il est fortement karstifié ; ses défauts sont des taches
blanches et de nombreux stylolites stratiformes. La carrière, de petite
taille, est inactive depuis deux ans.


Près d'

Imi Mqourn, le Cambrien inférieur enveloppant le massif
précambrien de Tafraoute produit le Blanc d'Agadir (Société Mabo, ou
Marbreries de Bouskoura) ; c'est un calcaire marmorisé massif, peu
métamorphique (stylolites encore visibles), formant des boules en
surface (phénomène plus commun dans les granites que dans les
calcaires). L'exploitation a commencé par les boules, et se poursuit
maintenant dans la masse au câble diamanté. Une autre carrière plus au
NE produit le Gris d'Agadir dans la même formation.


Le Rouge Agadir provenait de

Touraght, 29 km au Sud de
Taroudannt, où la carte signale un bioherme à Archaeocyathus, qui serait
sans doute comparable à celui d'Ifrane. Non loin au NE, la carrière de
Tioute fournissait un calcaire noir.


Dans le Haut Atlas, nous mentionnerons la carrière de

Tizi-n'Test
: une piste de montagne partant du col conduit vers l'Ouest (sur 30 à
40 km m'a-t-on dit) à une carrière de haute montagne sur le flanc Sud du
Tichka, au lieu-dit Iguenet'n. L'existence de marbres de diverses
couleurs y avait été cartée par H. et G. Termier en 1971, qui
signalaient par ailleurs des marbres "d'une belle qualité ornementale"
au NW du massif. Ces marbres proviennent du métamorphisme des calcaires
du Cambrien inférieur : selon Gasquet (1991), les calcaires ont été
affectés par un métamorphisme général du grade des Schistes Verts, et
par un métamorphisme de contact sur quelques centaines de mètres au
voisinage de l'intrusion granitique hercynienne du Tichka (environ 330
Ma), composée de lames verticales alternantes de granodiorites et de
diorites. Le métamorphisme de contact a causé l'apparition de nombreux
minéraux dans les marbres, comme amphiboles, grenats, diopside, calcite,
épidote, wollastonite, etc. Les marbres du flanc Sud ont été
redécouverts par un exploitant forestier français, et mis en production
par GMS pour la Grande Mosquée jusqu'en 1994. Les marbres sont en
couches verticales, avec diverses couleurs qu'il convient de trier :
cette carrière était handicapée par un accès difficile pour les camions,
le manque de place pour les engins et la haute altitude.


Le "cipolin"

Vert Chane provient de petites carrières 20 km à
l'Ouest de Benguerir (dans la Meseta), il est exploité par GMS dans une
série du Cambrien moyen métamorphique, à pendage 25° S. Le marbre forme
deux barres de près de 10 m d'épaisseur, plus ou moins décalées par des
failles transverses. La barre inférieure a été travaillée au câble
diamanté pendant la construction de la Grande Mosquée ; la carrière
actuelle se trouve dans la barre supérieure, l'extraction se fait par
forage et explosif. Il ne s'agit pas d'un cipolin, mais d'un marbre à
silicates, sans doute dolomitique (il n'y a pas eu d'étude
pétrographique à notre connaissance), très dur, à lamines rose-brun ou
noires et quelques lentilles aplaties blanches. Le métamorphisme peut
résulter soit du métamorphisme général assez élevé dans les Rehamna,
soit du métamorphisme de contact résultant de la proximité de la grande
intrusion de granite tardi-hercynien de Sebt-de-Brikiine (daté de 268
Ma, soit du Permien).

Bou Acila


(Meseta) est l'une des plus anciennes exploitations de
marbre du Maroc : signalée dès 1936 par P. Termier, elle produisait le
"Skyros africain". Près de la Maison Forestière de Bou Acila se trouve
une ancienne exploitation au fil hélicoïdal, appelée carrière Lambinet,
exploitée après guerre par la société Caratlas. Elle est située sur un
anticlinal étroit de calcaires marmorisés, long de 3,7 km et large au
maximum de 400 m ; le marbre, vraisemblablement cambrien, surmonte des
schistes verts rattachés au Précambrien à l'E, il est recouvert d'une
série volcano-détritique à l'W. Son pendage est très redressé (plus de
60°WNW). C'est un marbre blanc à grain fin, avec des lamines brun-rouge
ou noires assez régulièrement disposées, mais fortement étirées
(linéation bien marquée). Morin (1960) y signale de la chlorite et de
l'amphibole. Sur les anciennes coupes verticales et horizontales faites
au fil, se dessine un réseau de fractures brunes ou violacées, procurant
un aspect bréchique, accompagné de quelques taches noires. Il en
résulte un marbre très fragile, avec de fines fractures rendant
difficile l'obtention de blocs sains. Cette carrière, ainsi que ses
voisines, ne fournit plus que des concassés, qui sont produits en grande
partie manuellement.


C - Silurien




Le Silurien supérieur de

Tazzarine (dans l'Antiatlas) fournit un
calcaire bleu-noir fétide, très décoratif par sa richesse en Orthocères
blancs. La carrière se trouve 10 km à l'ESE de la ville, au pied d'une
colline cotée 959 m. Le banc à Orthocères, épais de 1 à 1,7 m, est
inclus dans des argiles vertes ou rouges à filonets de gypse (altération
de la pyrite), il a été daté du Ludlovien par Choubert en 1938. Les
Orthocères sont disposés parallèlement à la stratification, et montrent
un alignement préférentiel, avec la pointe dirigée vers le Nord. Dans la
carrière Est, le banc à Orthocères a été protégée de l'altération par
une couverture argileuse de 3-4 m ; il est plus altéré dans la carrière
Ouest. Le banc est subdivisé par quelques joints onduleux, qui peuvent
causer un délitage des blocs ; de plus les fractures sont assez proches
(2 m) et les blocs restants ne dépassent pas 1 à 2 m3. Ces carrières,
appartenant à une société hispano-marocaine, sont inactives depuis deux
ans, bien que le matériel d'exploitation soit resté sur place : les deux
gardiens s'occupent en dégageant des Trilobites de leur gangue.
D'autres affleurements discontinus de calcaires siluriens à Orthocères
se trouvent dans les régions de Foum Zguid et Tata, sans doute aussi en
d'autres lieux de la bordure Sud de l'Antiatlas jusqu'à la province de
Es Smara.


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Fig. 8 - Carrière de calcaire noir à Orthocères de Tazzarine





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Fig. 9 - Orientation des Orthocères vers le nord sur un affleurement à Tazzarine


D - Dévonien


Les carrières de

Tiflet exploitent le Dévonien inférieur de la
Meseta ; les cartes indiquent un anticlinorium étroit (2 km de large sur
20 km de long), complexe (trois bandes de Silurien et intrusions
granitiques), et faillé longitudinalement. Le calcaire affleure assez
mal, sur une surface ancienne recouverte de Quaternaire ancien. C'est un
calcaire bioclastique gris clair légèrement violacé, fortement fracturé
et recimenté par un réseau de filonets gris (brèche tectonique
monogénique). Les carrières, situées 5 km au S de Tiflet, sont
exploitées par des moyens antiques : le dégagement des importants
remplissages karstiques est fait à la pelle et à la pioche, les blocs
extraits au fil hélicoïdal avec du sable, ou encore avec des trous de
mine forés à la barre à mine et à la masse. Il en résulte des blocs
informes, retaillés plus ou moins à la broche et à la massette.


A

Ben Slimane, les calcaires du Dévonien moyen-supérieur forment
de bons affleurements, à pendage subvertical ; ils sont affectés de
nombreuses failles N-S . Il s'agit d'un calcaire récifal gris violacé,
très décoratif, à grands polypiers lamellaires et branchus, et quelques
stylolites bien cimentés. On y voit une carrière en cours d'ouverture,
incluant une importante installation de concassage, et une carrière
artisanale procédant par tirs isolés de poudre noire et fente aux coins,
les blocs étant tirés par un treuil manuel. Plus loin, une troisième
carrière est exploitée par Marbre Diffusion-Promomarbre : sous la
direction de A. Carli, la découpe est faite au câble diamanté, ce qui va
permettre l'exportation de blocs correctement équarris.


La pierre d'

Erfoud (Antiatlas oriental) était extraite dans une
petite carrière à 12 km au SE de la ville. Il n'y a qu'un seul banc de
calcaire fossilifère, riche en Goniatites, Orthocères et Clyménies ; il
est épais de 1 m au maximum, et perd de l'épaisseur vers le NE. Son
pendage, faible, est dirigé vers le SE. Ce niveau de calcaire pélagique
est attribué au Famménien discordant par Michard (1976, p.65-66) ; c'est
un calcaire à grain assez fin, de couleur naturelle bleu sombre ; il
est sans doute riche en pyrite à l'origine, car dans la zone oxydée qui
est exploitée la pierre est brune, avec des lits et nodules irréguliers
de limonite. On remarque aussi des taches roses colorées par des oxydes
de manganèse. La carrière, très superficielle, est abandonnée depuis
deux ans ; elle a été exploitée simplement par forages et coins ; des
blocs ont été envoyés en Italie, d'autres sont sciés par l'entreprise
Marmar à Erfoud avec un antique châssis à sable (2 cm/heure). La même
entreprise polit sommairement les plaques avec une genouillère, effectue
un rebouchage avec une résine et du ciment blanc, et découpe des tables
et objets de décoration : cependant, le polissage initial étant
insuffisant, les tables sont enduites de vernis synthétique, et c'est ce
vernis qui est poli à la main avec des papiers abrasifs et de l'eau
(grades 60 à 600), puis lustrés à la brosse rotative. Une autre carrière
est mentionnée 8 km au SW de Rissani.


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Fig. 10 - Calcaire d'Erfoud, à Orthocères et Goniaites





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Fig. 11 - Forage de trous à la barre à mine, à Ben Slimane


E - Carbonifère


Dans la Meseta, entre Boujad et

Khénifra se trouvent de larges
affleurements d'une barre de calcaire bleu-noir à Entroques et
Brachiopodes, faiblement marmorisé, avec filonets blancs, appartenant au
Viséen : bien que nous n'ayons vu que des exploitations de concassage,
il existerait une carrière de blocs. De même on nous a signalé une
carrière de calcaire noir dans le secteur de l'oued Cherrat au SW de
Rabat.


Parmi les granites hercyniens, le petit massif d'

Oulmès, au SW de
Meknes, est exploité par Promomarbre, qui extrait un granite gris clair
appelé Gris Pharaon, avec grains de couleur grenat. Selon Mrini et al.
(1992), le massif est composé de granites à deux micas et de granites
fins à silicates d'alumines, datés de 262 à 291 Ma, c'est à dire du
Permien (granite post-tectonique).


D'autres ressources en granites se trouvent dans la Meseta : massif des
Jbilet au N de Marrakech (granite hyperalumineux, 330 Ma), granites à
biotite et leucogranites des Rehamna (265-268 Ma, Permien), granites à
biotite et granites à deux micas des Zaër (279-303 Ma, Carbonifère
supérieur) ; cependant les granites hercyniens n'ont pas fourni
jusqu'ici de roches ornementales de couleur très attrayante. Par contre
des granites rouges précambriens seraient à prospecter dans le bouclier
saharien, si ce n'était la distance et l'éloignement.




F - Mésozoïque




Dans le Lias de la bordure N du Haut Atlas, la petite carrière d'

Azilal est
en début d'exploitation, sur un replat très karstifié : c'est un
calcaire à grain fin, compact, avec onchoïdes, lits de grosses
gravelles, gros fragments de coquilles, et nombreux verriers. La couleur
est beige à vert clair, avec un niveau rose à rouge foncé de 0,7 m ;
les bancs peuvent atteindre 2 m. L'exploitation se fait avec des moyens
réduits, par forage et cordeau détonant (ce qui est dangereux dans un
calcaire fragile). Selon la carte au 1/100000 (1982) il s'agit des
calcaires sinémuriens d'Imi-n'Ifri, qui forment une importante masse et
présentent encore de larges possibilités.


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Fig. 12 - Découverte et creusement d'une tranchée à Azilal


La pierre de Boujad est un calcaire beige à jaune, d'âge Turonien (avec les ammonites Pseudaspidoceras et Vascoceras),
appartenant à la série transgressive du Bassin des Phosphates. Outre
une carrière ouverte à El Goufaf au NW de Oued Zem, des blocs ont été
ramassés en surface autour de Boujad pour la construction de la Grande
Mosquée ; les bancs ont une épaisseur limitée (0,8 m).


Dans le Sénonien d'Agadir, la carrière de Tarhazoute (au lieu-dit

Agouni,
15 km au N d'Agadir) a produit une calcarénite beige-jaune, légèrement
poreuse mais sonore ; des lentilles riches en fragments de coquilles
dissoutes lui donnent un aspect de "travertin". On observe, sous une
couverture de 12-15 m d'argiles vertes à bancs calcaires, deux barres de
calcarénites à stratification légèrement obliques, avec une surface
supérieure couverte de ripple marks, et un pendage d'environ 15 °
vers le S : la masse supérieure a une épaisseur de 4 m, la barre
inférieure, un peu moins épaisse, est lenticulaire (c'est un remplissage
de chenal). Cette carrière d'assez grande taille pour le pays, a été
exploitée par havage et sciage au câble diamanté, elle est actuellement
inactive. De nombreuses fractures irrégulières affectent les masses et
ont certainement limité la récupération. Les réserves sont faibles, car
les gros bancs semblent disparaître à distance, et l'épaisseur de la
couverture s'accroît vers le S.


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Fig. 13 - Calcarénite d'Agouni près d'Agadir, le banc inférieur est un remplissage de chenal






Dans la région d'


Ait Benhaddou au NW de Ouarzazate se trouve un
calcaire coquillier rose brun, avec de nombreux stylolites en tous sens
et des trous, ainsi qu'un calcaire à grain fin esquilleux, de couleur
blanc cassé ; ces roches sont produites par Caronyx, nous n'avons pas vu
ces carrières.


G - Tertiaire




Le calcaire Crème

Saiss, produit par Promomarbre, provient d'une
carrière au SE de Meknès : il s'agit d'un calcaire micritique beige
clair, se polissant bien, d'aspect noduleux, avec un réseau de fissures à
remplissage de calcite palissadique, rappelant certains travertins ; le
remplissage étant parfois incomplet, un masticage est nécessaire. Selon
la carte géologique, il s'agit de la formation des Calcaires lacustres
du Saiss, attribués au Pliocène.


Le travertin de

Taroudannt, appelé aussi Roudani, provient de la
localité de Touraght à 25 km au S de la ville ; selon la carte au 100
000 de 1983, la carrière serait située sur une butte isolée de 400 x 600
m (cote 482), attribuée au Plio-Villafranchien. Elle a été intensément
exploitée par GMS. pour la Grande Mosquée, par coupes horizontales à la
haveuse, et par coupes verticales par forage ou sciage au câble. Elle
est aujourd'hui arrêtée ; la carte n'indique aucun autre gisement de la
sorte dans la région.


H - Quaternaire ancien




Les onyx calcaires de Ouarzazate étaient produits près de Skoura dans la
vallée du Dadès en amont du barrage : la carrière d'Aguelmous se trouve
à 26 km à l'ENE de Ouarzazate, celle d'Afra à 29,5 km. Les couches
d'onyx reposent sur des sédiments continentaux de Pontien-Pliocène, et
sont recouvertes par le Quaternaire ancien. Dans la carrière d'

Afra,
qui devrait être réactivée prochainement par Caronyx, on observe un
banc de 1,5 m d'onyx translucide de couleur ambrée, recouvert de
calcaires gréseux conglomératiques ; 1,5 m plus haut un petit niveau
d'onyx blanc et gris est clairement interstratifié dans des calcaires
gréseux. L'exploitation a été faite sur une faible surface au câble
diamanté.


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F


ig. 14 - Deux bancs d'onyx calcaire ambré, séparés par un niveau de conglomérat (Afra)


A

Aguelmous, la petite carrière exploitée jadis par des
moyens rudimentaires, montre deux couches d'onyx blanc à gris (1,5 et
0,5 m) intercalés dans les calcaires gréseux conglomératiques. Dans le
lit de l'oued voisin l'onyx apparaît en filons dans les conglomérats. Ce
type de gisement est assez surprenant, car les onyx calcaires que nous
avons observé jusqu'ici (Espagne, Crète) formaient des remplissages de
cavernes : ici il devait s'agir de dépôt dans des dépressions lacustres,
alimentées par des eaux venant de profondeur (filons observés dans
l'oued).


Quoi qu'il en soit, l'onyx ambré d'Afra est une roche intéressante par
sa couleur homogène et sa transparence, même si la fracturation limite
les blocs à un volume de l'ordre du mètre cube.




D'autres onyx calcaires ont été signalés à Erfoud (radier de l'Oued
Ziz), et dans le Lias de Ras el Ma près de Taza (Moyen Atlas).




Les "travertins" de

Bouskoura proviennent de la banlieue Sud de
Casablanca : les carrières se trouvent de part et d'autre de l'autoroute
entre Sidi Messaoud et Bouskoura, au niveau de la station d'essence
Somepi. Deux des carrières sont abandonnées : l'une était la carrière
Liscia, l'autre montre sous 16 m de recouvrement 2,2 m de calcarénite
jaune ocré, lumachellique, poreuse, à grandes coquilles dissoutes. La
carrière Ismarbres semble la seule en activité, par découpage au câble
diamanté sur une hauteur de 3,5 m : c'est une calcarénite grise à
blanche, à grain plus fin, avec comme défauts des géodes et quelques
lits de galets. Des blocs de 3-4 m3 sont produits, à peu près équarris,
grâce à une fracturation modérée. Les réserves sont faibles, du fait de
la trop grande proximité des faubourgs de Casablanca. Selon la carte au
1/100000 de 1987, ce niveau correspond aux calcarénites marines du
Pliocène moyen-supérieur, recouvertes de calcarénites dunaires du
Quaternaire ancien.


Une calcarénite poreuse jaune ocré, de nature similaire, est extraite à

Bir Jdid, 40 km au SW de Casablanca.


Signalons enfin pour l'amateur visitant le Maroc, l'intérêt des minéraux
et des fossiles. Bien que beaucoup de mines soient maintenant fermées,
les revendeurs proposent encore au long des routes de l'Atlas quelques
beaux minéraux (aragonite, barytine, stibine, galène, azurite,
vanadinite...). Parmi les fossiles, mentionnons les Trilobites du
Maïder, excavés par de nombreux prospecteurs dans des tranchées (elles
fournissent de bien meilleurs spécimens que les récoltes en surface),
puis minutieusement dégagés. Les dents de requins des phosphates, bien
que leur vente ne soit pas admise par la Société Chérifienne des
Phosphates, sont également dignes de collection. Ne parlons pas des
blocs polis à Orthocères et Goniatites, provenant des chutes des
carrières d'Erfoud : ils sont décoratifs, mais sans intérêt pour la
paléontologie (la forme extérieure est détruite), ni des Ammonites de
grande taille en provenance du grand Sud, dont les ornements sont en
grande partie reconstitués par sculpture!. Au total, cette activité
artisanale occupe des centaines de terrassiers, décapeurs et revendeurs.



4 - Conclusions





On rencontre encore des carrières exploitées par des méthodes anciennes
comme le simple démantèlement des massifs fracturés à l'aide de coins et
leviers, les tirs isolés de poudre noire dans des trous forés à la
barre à mine et à la masse, la découverture manuelle à la pioche et à la
pelle ; une installation de fil hélicoïdal fonctionne encore à Tiflet.
Certaines carrières, de marbres ou de granites, pratiquent l'abattage
par trous rapprochés chargés au cordeau détonant, même dans des roches
fragiles au choc. Dans une grande partie des carrières visitées, la
fracturation limite sérieusement la dimension des blocs.




La taille des carrières est dans l'ensemble très modeste, aucune
n'atteint la dimension industrielle et n'est organisée pour
l'exportation. Il est en effet très facile d'ouvrir des carrières, même
pour des personnes sans compétences techniques ni capacités financières :
on engage une douzaine d'ouvriers et on leur fournit quelques outils de
base (pioches, pelles, broches, masses, barre à mines, treuil manuel).




Le câble diamanté a été introduit par les techniciens italiens dans les
carrières des Grandes Marbreries du Sud (marbres, et aussi granites de
Tafraoute), ouvertes pour la construction de la Grande Mosquée, mais
certaines sont revenues à l'explosif depuis son achèvement.




Les carrières ont maintenant une faible activité, ou bien sont fermées.
Nous avons cependant rencontré une entreprise qui ouvre de nouvelles
carrières, et prospecte de nouveaux sites, en vue de produire des blocs
de standard international destinés à l'exportation.




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Fig. 15 - Dans la carrière de Tazzarine inactive les deux gardiens
dégagent méticuleusement des Trilobites, avec un piston de mobylette et
un rayon de roue meulé en pointe






La transformation a débuté dès 1912, mais ne s'est développé qu'après
guerre : en 1978 on comptait 23 châssis, dont deux à lames diamantées.
La marbrerie Liscia, la plus importante à l'époque, sciait alors 35000
m2 par an, sur un total de 63000. L'interdiction d'importation de
tranches finies en 1968, et celle des blocs en 1977, ne parvinrent pas à
enrayer la régression





Actuellement GMS, avec son usine d'Agadir (établie pour la construction
de la Grande Mosquée), est la plus importante société ; malgré un
matériel assez récent, la production et la transformation semblent
stagner. Une seule entreprise (Promomarbre) semble en développement,
avec l'exportation en vue.




La production du Maroc n'a jamais été très importante. Les entreprises
se sont contenté jusqu'ici du marché intérieur ; les exportations
actuelles, pour lesquelles nous n'avons pas de statistiques, paraissent
limitées à quelques de blocs de calcaires fossilifères (Erfoud,
Tazzarine).




La Loi Minière, maintenant très favorable, comprend plusieurs régimes
d'autorisations selon la propriété des terrains (indications de A. El
Habla) :




a - sur les terrains relevant de l'administration des Eaux et Forêts,
dont dépendent de vastes surfaces, la réglementation est bien précise :
les permis sont attribués par décret, dans un délai d'un mois seulement
(les carriers français apprécieront), et renouvelables tous les trois
ans. L'exploitant paie 180 dirhams (108 FF) par mètre cube
commercialisé, plus une redevance à la commune.




b - sur les terrains des "Domaines", qui correspondent aux parcours de
pâturage collectif des tribus, et ne sont pas cultivés, les attributions
sont faites par le Ministère de l'Intérieur. Elles ne sont pas
attribuées automatiquement à tout demandeur, et demandent plusieurs
mois.




c - sur les terrains privés : le terrain peut être loué ou acheté au
propriétaire, l'attribution est faite par les autorités provinciales.




Les contraintes d'environnement ne sont pas exorbitantes, on demande
seulement que les exploitations ne soient pas visibles depuis les routes
ou les circuits touristiques, il n'y a aucune obligation de remise en
état du terrain à la fin de l'extraction.




Les entreprises étrangères, qui étaient autrefois obligées de s'associer
à 51 % à un sujet marocain, ne sont plus soumises maintenant à cette
obligation.




Aucune capacité technique ou financière n'est exigée, si bien que l'on
voit certains entrepreneurs se lancer dans l'exploitation de carrières
avec des moyens dérisoires.




Le Maroc possède encore de vastes possibilités avec les granites
précambriens du Sahara, les marbres et calcaires (blancs, rouges, noirs)
du Cambrien, les calcaires jurassiques de l'Atlas, etc.



Références





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cambriennes du Maroc, de Sardaigne et de France, Notes et Mém. Sercice
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Lamtahri F., 1979, L'industrie du marbre au Maroc, Mines, Géologie et Energie, Rabat, n° 45, p. 113-122.




Michard A., 1976, Eléments de géologie marocaine, Notes et Mém. Sercice de la Carte Géol. du Maroc, Rabat, 252, 408 p




Morin P., 1960, Les marbres d'origine métamorphique du Maroc central
(géologie et problèmes d'exploration), Mines et Géologie, Rabat, 11, p.
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Maroc : conséquences, Bull. Soc. Géol. France, 163/3, p. 281-291.




Piqué A. et Michard A., 1989, Morrocan Hercynides : a synopsis, Am. J. of Science, 286-330.




Termier H. et Termier G., 1971, Le massif granodioritique du Tichka
(Haut Atlas Occidental, Maroc), Notes et Mémoires du Service Géologique,
216.


قل هل يستوي الدين يعلمون والدين لايعلمون انما يتدكر اولوا الالباب ...

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